Forte corrélation entre attitude et réussite en mathématique
Chaque année arrive un moment où les taux de diplomation des élèves du secondaire font les journaux. Des commissions scolaires se félicitent d'avoir moins de décrochage d'année en année, d'autres sont confrontées à une stagnation qui ne semble pas avoir de solution.
Et au coeur de ce constat, les inévitables mathématiques, mal-aimées d'une grand nombre d'élèves du secondaire, qui pourtant en reconnaissent l'importance. Et si l'enjeu n'était pas l'apprentissage de la mathématique du point de vue de l'acquisition de savoirs ou de la manifestation de compétences, mais plutôt une question purement d'intérêt et de motivation pour la discipline?
Dans le TIMSS 2011 - International Results in Mathematics, on lit:
"Each successive TIMSS assessment has shown a strong positive relationship within countries between student attitudes toward mathematics and their mathematics achievement. The relationship is bidirectional, with attitudes and achievement mutually influencing each other." (p.19)
Suis-je surprise? Non. Mais qu'une telle évidence, corroborée par le TIMSS (administré chaque 4 ans à des élèves de 4e et 8e année depuis 1999), ne déclenche pas une grande réflexion sur nos mathématiques scolaires, cela m'inquiète.
Quelques données qui méritent d'être relevées:
- Le pourcentage d'élèves qui n'aiment pas apprendre la mathématique explose de 22% à 44% entre la 4e et la 8e année (2e secondaire) au Québec.
- Le nombre d'élèves qui disent aimer apprendre les mathématiques fait une chute de 30% sur cette même période (de 42% à 12%).
Ce qui m'a par contre fait le plus réagir, c'est que les élèves de 8e année (2e secondaire) rapportent à seulement 13% qu'ils s'engagent dans leurs apprentissages en mathématique, contre une moyenne internationale de 25%!
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| [Pixabay, Domaine public] |
Considérant ce portait pour le Québec en 2011, je crois que notre renouveau pédagogique a effectivement, et malheureusement raté sa cible (ce que confirme plusieurs études récentes dont celle de Simon Larose - Projet ERES).
Du côté des solutions, il me semble inévitable de s'intéresser à la dynamique motivationnalle en contexte scolaire (R. Viau), puisque l'attitude influence la réussite, et que le mesure de l'engagement des élèves semble particulièrement critique.
Quelle est la perception des élèves sur i) la contrôlabilité qu'ils ont sur les activités et tâches d'apprentissage qu'on leur propose, ii) la valeur (signifiance) qu'ils accordent à ces activités et iii) leur compétence à les réaliser?
Du discours même des enseignants québécois (TIMSS 2011), il n'y a que 64% (60% en 4e année) d'entre eux qui disent mettre en oeuvre un enseignement supportant l'engagement des élèves (summarize what students should have learn from the lesson, use questioning to elicit reasons and explanations, encourage all students to improve their performance, praise students for good effort), contre une moyenne internationale de 80% (69% en 4e année)!
N'y aurait-il pas là de belles pistes à explorer et à discuter lors de rencontres entre enseignants... considérant que de telles rencontres aient lieu, car avec un maigre 11% des enseignants de 2e secondaire ayant rapporté collaborer fréquemment avec des collègues (55e place sur 59 pays/provinces ayant participé, TIMSS 2011), il y a lieu de se questionner sur la possibilité de mener à bien de telles rencontres. Heureusement, une culture de collaboration semble germer tout doucement dans plusieurs milieux, en réponse à la nécessité de trouver des solutions différentes aux mêmes problèmes pour lesquels les approches plus traditionnelles ne donnent plus de résultats satisfaisants.
Une fois que ceci est dit... on fait quoi? avec quels partenaires? quels échéanciers? quels cadres de références?
C'est pour mieux réfléchir à des questions comme celles-ci, mais surtout pour pouvoir trouver des clés afin de faire descendre la réflexion vers la pratique, que je commence à écrire sur ce blogue. D'abord énoncer clairement, pour ensuite mieux focaliser sur le jeu complexe de résolution de problèmes, de développement professionnel et de gestion axée sur les résultats, et au besoin réfléchir aussi par écrit, car rien n'est mieux qu'une réponse critique pour ouvrir le regard à de nouveaux aspects jusqu'alors non-envisagés...
Annie

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